La Galerie Abla Ababou accueille jusqu'au 28 novembre 2026 une exposition qui touche à l'intime autant qu'à l'universel. Abdessamad Bouysramne y déploie un travail fascinant sur le signe, la mémoire et la matière.
Tout part d'une enfance à Marrakech, d'un père fqih et de ses manuscrits. Le jeune Abdessamad s'attarde sur ces pages couvertes de signes, ces écritures qui semblent contenir quelque chose de vivant. Ce n'est que des années plus tard que cette rencontre fondatrice trouve sa forme artistique, mais elle n'a jamais vraiment quitté l'artiste. Aujourd'hui, c'est cette mémoire-là qu'il donne à voir.
Dans «Arraqîm», mot qui renvoie à l'écriture gravée et à la matière qui conserve l'inscription, l'écriture déborde la page. Elle devient empreinte, volume, texture. Le signe hérité de l'univers manuscrit se libère de sa fonction première pour exister autrement : comme forme pure, comme trace du temps, comme dialogue entre le passé et le geste de l'artiste. C'est une invitation à regarder autrement ce que l'on croit connaître : les lettres, les mots, les supports de la mémoire collective.
L'exposition est à voir à la Galerie Abla Ababou, à Rabat, du 15 octobre au 28 novembre 2026. Une belle occasion de prendre le temps, entre deux rendez-vous, de se laisser traverser par quelque chose qui dépasse le cadre.