Le dossier de la pêche entre le Maroc et l'Union européenne est en suspens, et c'est Bruxelles qui attend désormais que Rabat donne le feu vert. Un feuilleton diplomatique qui illustre, une fois de plus, le poids croissant du Royaume dans ses relations avec ses partenaires européens.
Dans une déclaration à Hespress, la Commission européenne confirme qu'elle reste prête à ouvrir des discussions en vue d'un nouvel accord de partenariat pour une pêche durable, connu sous le sigle SFPA. Elle rappelle à cette occasion que sa relation avec le Maroc est un partenariat qu'elle qualifie d'«ancien, global et profond», et assure avoir exprimé à plusieurs reprises sa volonté d'avancer «dans les meilleurs délais».
Mais côté calendrier, rien n'est encore fixé. Aucune date n'a été arrêtée, et les négociations formelles ne pourront reprendre qu'à partir du moment où Rabat jugera le moment opportun pour s'y engager. Une position qui traduit le rapport de force actuel entre les deux parties, et la prudence marocaine à ne pas se précipiter dans un cadre qui devra, cette fois, pleinement satisfaire ses intérêts souverains.
Pour les acteurs du secteur de la pêche, au Maroc comme en Europe, l'enjeu est considérable : les flottes européennes, notamment espagnoles et portugaises, dépendent historiquement des eaux marocaines pour une partie significative de leurs captures. Rabat, de son côté, entend peser de tout son poids dans la définition des termes d'un futur accord. La balle est dans le camp de la capitale marocaine, et elle semble bien décidée à ne pas la jouer trop vite.