Un tournant inattendu pour la communauté catholique de Rabat : le Vatican vient de nommer un administrateur apostolique pour prendre provisoirement les rênes de l'archidiocèse, après que l'archevêque Cristobal Lopez Romero s'est mis en retrait face à des accusations de violences sexuelles révélées par l'AFP.
Le cardinal Lopez Romero, prélat espagnol de 74 ans, était une figure bien connue de la capitale marocaine, à la tête de l'archidiocèse de Rabat depuis plusieurs années. C'est désormais un administrateur apostolique désigné par Rome qui assure la gouvernance de l'institution dans l'attente des conclusions de l'enquête vaticane. Une situation inédite pour ce diocèse, dont la cathédrale Saint-Pierre, joyau discret du centre-ville, reste un lieu ouvert à tous les curieux de la ville.
L'affaire illustre une réalité plus large : Rabat, capitale diplomatique et religieuse à la fois, abrite une vie institutionnelle dense, souvent méconnue de ses propres habitants. L'archidiocèse y joue depuis longtemps un rôle discret mais réel dans le dialogue interreligieux, un terrain sur lequel le Maroc cultive son image d'ouverture. Ce changement provisoire de direction ne devrait pas affecter le quotidien des fidèles ni l'accès à la cathédrale, mais il marque une page nouvelle pour cette communauté installée au coeur de la ville.
À suivre, donc, du côté de la rue du Golan. La cathédrale Saint-Pierre reste en tout cas l'un de ces endroits à Rabat où l'histoire se lit dans les pierres, et où l'actualité continue, parfois, de s'écrire.