Malgré la chaleur écrasante de ce début juillet, des dizaines d'avocats ont planté leur drapeau devant le Parlement à Rabat ce lundi 6 juillet. Leur cible : le projet de loi n° 66.23 sur l'organisation de la profession d'avocat, qu'ils jugent être un sérieux recul pour leur métier.
C'est à l'appel de l'Association des Barreaux d'Avocats du Maroc (ABAM) que bâtonniers, anciens bâtonniers et membres des conseils de l'ordre ont convergé vers la capitale. Le sit-in se veut « ouvert », c'est-à-dire sans date de fin annoncée, signe que la mobilisation entend durer. Le texte incriminé a déjà été adopté en deuxième lecture par la commission parlementaire de la justice, ce qui explique l'urgence ressentie par la profession.
Ce bras de fer entre les barreaux et le ministère de la Justice n'est pas nouveau : les avocats sont toujours en grève, et cette action devant le Parlement marque une escalade dans leur stratégie de pression. Pour eux, certaines dispositions du projet de loi touchent directement à l'indépendance et à l'organisation interne de la profession, des lignes rouges qu'ils refusent de voir franchir.
Les regards sont désormais tournés vers le calendrier législatif. Si aucun compromis n'est trouvé rapidement, la mobilisation risque de s'étirer sur l'été, avec des répercussions concrètes sur l'accès à la justice pour les justiciables. Une tension à suivre de près, au coeur même des institutions de la capitale.