Bonne nouvelle pour ceux qui croient que les droits humains ne sont pas que de beaux discours : à Rabat, deux institutions majeures viennent de s'engager à transformer les principes en chiffres concrets. Le Conseil national des droits de l'homme (CNDH) et le Haut-Commissariat au Plan (HCP) ont signé, mercredi, une convention de partenariat stratégique qui pourrait bien changer la façon dont le Maroc évalue ses propres avancées.
L'idée centrale est aussi simple qu'ambitieuse : construire un système national d'indicateurs des droits et des libertés. Fini les déclarations de principe qui restent dans les tiroirs, l'objectif est désormais de s'appuyer sur des données vérifiables pour mesurer la situation réelle des citoyens. La convention a été paraphée par Amina Bouayach, présidente du CNDH, et Chakib Benmoussa, Haut-Commissaire au Plan, deux figures bien connues du paysage institutionnel marocain.
Ce rapprochement n'est pas un hasard de calendrier. Il s'inscrit dans la continuité d'une stratégie lancée par le CNDH dès 2019, axée sur ce que l'institution appelle l'effectivité des droits, autrement dit, la capacité réelle des textes juridiques à produire des effets concrets dans la vie quotidienne. En associant à cette démarche le HCP, référence nationale en matière de statistiques et d'enquêtes sociales, le partenariat gagne une crédibilité méthodologique solide.
Pour les Rbatis et, plus largement, pour tous les Marocains, cette initiative représente un pari sur la transparence : pouvoir un jour consulter des indicateurs fiables sur l'accès à la justice, les libertés individuelles ou encore les conditions de vie réelles, et pas seulement des rapports institutionnels en circuit fermé. Un chantier long, sans doute, mais dont les premières briques viennent d'être posées en plein coeur de la capitale.