À un an des élections législatives du 23 septembre 2026, un constat s'impose dans les facultés et les cafés de la capitale : les jeunes Rbatis s'inscrivent de moins en moins sur les listes électorales. Un signal fort que décrypte Saloua Zerhouni, professeure à l'Université Mohammed V de Rabat et cofondatrice du Rabat Social Studies Institute (RSSI).
Pour cette chercheuse qui observe la société marocaine de près, le phénomène va bien au-delà d'un simple désintérêt passager. Les jeunes ne rejettent pas la politique en soi, ils rejettent une politique qui ne leur parle pas. Ce qu'ils attendent, ce sont des résultats concrets, visibles dans leur quotidien, pas des discours de tribune. Quand cette attente reste sans réponse, la distance avec les urnes grandit naturellement.
Ce que Zerhouni pointe aussi, c'est la question des formes d'engagement. La génération qui manifeste sur les réseaux, qui s'organise en collectifs, qui milite pour le climat ou les droits numériques a inventé ses propres modes d'action citoyenne. Les partis traditionnels et les institutions peinent encore à reconnaître ces nouvelles dynamiques comme une participation politique à part entière. Résultat : un dialogue de sourds, alors que le potentiel d'engagement est bien là.
Le vrai chantier d'ici septembre 2026, c'est donc la confiance. Restaurer un lien sincère entre une génération exigeante et des institutions qui doivent se renouveler en profondeur. À Rabat, ville universitaire et capitale politique, cette tension est particulièrement lisible. Et si les prochains mois devenaient enfin l'occasion de changer la donne ?