Entre la refonte du Conseil national de la presse et la formation des observateurs électoraux, le Maroc accélère sur plusieurs fronts institutionnels à quelques mois des législatives de septembre 2026. Deux chantiers qui disent beaucoup sur l'état de la démocratie dans le Royaume.
À Rabat, une étape importante vient d'être franchie pour la presse nationale : les membres de la Commission provisoire chargée d'assurer les missions du Conseil national de la presse (CNP) ont été officiellement installés. Prévue par la loi relative à la réorganisation du CNP, cette instance transitoire aura pour mission concrète d'organiser l'élection des représentants des journalistes professionnels et la désignation de ceux des éditeurs de presse, avant de rendre les résultats définitifs. Un rouage discret mais essentiel pour que le secteur médiatique dispose d'une représentation renouvelée et légitime.
Sur le front électoral, c'est le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) qui tient le tempo. Depuis vendredi, des sessions de formation sont ouvertes pour les observateurs indépendants des législatives du 23 septembre 2026, simultanément dans 31 centres répartis dans 19 villes couvrant les douze régions du pays. Parmi les participants, 40 % sont des femmes, ce qui n'est pas un détail. La présidente du CNDH, Amina Bouayach, a insisté sur la dimension d'accompagnement démocratique de ces formations, avec une nouveauté notable cette année : une adaptation aux enjeux de l'intelligence artificielle dans le suivi électoral.
Ces deux initiatives, prises ensemble, dessinent une même ambition : des institutions qui se préparent sérieusement, en amont, plutôt que dans l'urgence. Pour les Rbatis et les citoyens du Royaume, c'est une invitation à regarder de près ces rouages souvent méconnus qui conditionnent la qualité du débat public. Les élections de septembre 2026, c'est encore loin, certes, mais le compte à rebours, lui, a bien commencé.