La grande panne qui a paralysé la péninsule Ibérique en avril 2025 a agi comme un électrochoc. Elle a remis sur la table un projet ambitieux que l'on suit de près au Maroc : une interconnexion électrique sous-marine entre le royaume et le Portugal.
L'idée n'est pas nouvelle, mais elle prend aujourd'hui une urgence inédite. Le Portugal, pourtant membre de l'Union européenne depuis 1986, se retrouve dans une position délicate : son réseau électrique reste fragile et peu connecté à ses voisins européens. Face à ce constat, Rabat et Lisbonne ont décidé de relancer ensemble ce projet d'interconnexion et de solliciter le soutien de la Commission européenne pour en faciliter le financement et séduire des investisseurs privés.
Pour le Maroc, l'enjeu va bien au-delà d'un simple câble sous-marin. Le royaume s'est engagé dans une montée en puissance spectaculaire sur les énergies renouvelables, solaire et éolien en tête. Exporter cette électricité verte vers l'Europe, c'est transformer un atout géographique et climatique en levier économique majeur. Rabat, en tant que capitale politique et siège des grandes décisions stratégiques, est au coeur de ces négociations qui dessinent l'avenir énergétique de la région.
Ce projet d'interconnexion incarne quelque chose de plus large : une relation maroco-européenne qui se construit aussi dans les infrastructures et les réseaux invisibles qui font tourner nos quotidiens. Quand la lumière s'éteint d'un côté de la Méditerranée, c'est tout un continent qui réalise à quel point les coopérations de demain se jouent aujourd'hui. À suivre de très près.