Cette semaine, Rabat a été le théâtre de deux actualités qui dessinent l'avenir du Maroc sur la scène internationale : un projet électrique colossal avec l'Allemagne qui avance en dents de scie, et une rencontre prometteuse autour de la transformation numérique avec la Banque mondiale. La capitale n'est décidément jamais en veille.
Premier dossier sur la table : le projet de câble électrique sous-marin reliant le Maroc à l'Allemagne, estimé à 30 milliards de dollars. L'ambition est immense, il s'agit d'acheminer de l'énergie renouvelable produite sur le sol marocain jusqu'au coeur de l'Europe. Mais Reuters rapporte que Rabat et Berlin butent encore sur des questions de gouvernance et de garanties à long terme. Deux visions, deux logiques institutionnelles qui peinent à se synchroniser. Rien d'insurmontable en théorie, mais suffisant pour ralentir une machine qui, sur le papier, fait rêver.
Côté numérique, le ton est nettement plus optimiste. La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a reçu à Rabat Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA. Au programme de cet échange : les grands axes de la transformation numérique du Maroc et les perspectives de coopération avec l'institution financière internationale. Un signal fort, qui confirme que le Maroc est perçu comme un acteur sérieux dans la course à la modernisation digitale de la région.
Ces deux actualités, aussi différentes soient-elles, racontent la même chose : Rabat se positionne, négocie, construit. Les discussions d'aujourd'hui tracent les infrastructures de demain, qu'elles soient faites de câbles sous-marins ou de lignes de code. La capitale a décidément plus d'un chantier dans ses cartons.