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Sebta, migrations et souveraineté : Rabat dit clairement ce qu'il ne sera jamais

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Après les passages massifs enregistrés les 30 et 31 juillet à Sebta, Rabat a pris la parole avec une fermeté inhabituelle. Une source gouvernementale marocaine a posé les termes du débat sans détour : le Maroc est un partenaire, pas un prestataire de service migratoire pour l'Europe.

Le message central est limpide. « Nous ne sommes ni le gendarme ni le concierge de l'Europe, nous sommes un partenaire souverain, pas un sous-traitant », a déclaré la source officielle, lundi à Rabat. Et pour dissiper toute ambiguïté sur les responsabilités, elle a pointé une décision judiciaire espagnole du 8 juillet dernier : ce jour-là, un juge espagnol a établi que les migrants arrivés par voie maritime ne pouvaient pas être automatiquement reconduits à la frontière, vidant ainsi de son effet dissuasif le dispositif conjoint de contrôle. Pour Rabat, la conclusion est sans appel : « La digue migratoire n'a pas cédé sous les passeurs, mais sous une décision de justice espagnole. » Ce que Maroc refuse, c'est d'en assumer seul les conséquences.

Sur le fond, le gouvernement marocain rappelle un bilan concret : 160 000 tentatives d'immigration irrégulière déjouées en deux ans, un engagement qualifié de « souverain, loyal et responsable », jamais pris sous la pression ou le chantage selon ses propres termes. Côté espagnol, le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares a reconnu publiquement que les autorités marocaines avaient réagi « dès les premières minutes » pour faciliter le retour des migrants, saluant la coopération de Rabat et plaidant pour un partenariat renforcé entre les deux pays.

Ce que cette séquence révèle, c'est une capitale qui entend peser dans le débat migratoire euro-africain avec ses propres arguments, loin des récits sensationnalistes qui ont accompagné la crise. Rabat revendique une lecture de la migration comme « responsabilité partagée » : chaque acteur doit assumer sa part, y compris quand c'est une décision de justice européenne qui ouvre la brèche. Un positionnement à suivre de près, alors que les négociations entre le Maroc et l'Union européenne sur ce dossier restent un feuilleton à plusieurs saisons.

Bon à savoir. InsideRabat synthétise et reformule des sources locales. Pensez à vérifier horaires, tarifs et dates auprès des lieux et organisateurs avant de vous déplacer.